Un implant mammaire est composé d’une enveloppe en élastomère de silicone (silicone solide) habituellement remplie de sérum physiologique (eau et sel) ou de gel de silicone .
La forme de l’implant est généralement ronde mais dans certains cas on peut utiliser des implants dits « anatomiques » ayant une forme en goutte d’eau.
L’enveloppe de l’implant peut être lisse ou rugueuse (texturée) diminuant dans ce cas le risque de formation de coque autour de l’implant.
A quel age peut-on poser une prothèse mammaire?
Il n’y a pas d’âge limite pour la pose d’une prothèse mammaire. En chirurgie plastique on peut implanter une prothèse mammaire après la puberté, surtout dans le cas d’asymétrie* mammaire importante.
Chez la jeune fille, l’évolution hormonale et la prise éventuelle d’un contraceptif sont des facteurs qui peuvent modifier la taille de la poitrine. Il est préférable d’attendre la fin de la puberté afin d’apprécier le volume des seins.
Après cancer la reconstruction du sein par prothèse reste le moyen le plus simple et le plus rapide de reconstruction, dans la majorité des cas. Il n’y à pas de limite d’age, seul l’état général de la patiente autorisant une anesthésie générale est le facteur limitant.
Peut-on choisir la taille des prothèses?
En chirurgie esthétique il faut discuter avec son chirurgien de la taille de la poitrine désirée. Ce dernier saura vous conseiller un volume d’implant adapté à votre morphologie.
Parfois certaines patientes s’aident d’une photo de magazine pour préciser le volume mammaire désiré.
En reconstruction mammaire, le chirurgien adaptera le volume de la prothèse à celui du sein restant. Dans certains cas un geste de remodelage du sein restant est possible, dans le même temps, pour harmoniser la poitrine. Cela est appelé une plastie de symétrisation.
Quelles sont les prothèses autorisées en Tunisie?
Actuellement, en Tunisie, seuls les implants remplis de sérum physiologique et remplis de gel de silicone sont autorisés depuis Janvier 2001. L’utilisation des autres types d’implants ( Hydrogel, huile de soja ...) a été interdite dans l’attente de plus amples informations scientifiques sur leur innocuité.
Depuis le 14 juin 1998 le marquage CE est obligatoire pour tout dispositif médical. Tout produit obtenant son marquage CE dans un des pays de l'Union Européenne peut être commercialisé dans toute l'Europe dès cette obtention.
La silicone est-elle dangereuse pour la santé?
La silicone (et non pas le silicone) est utilisée depuis 1950 comme matériau implantable. Elle est considérée comme le biomatériau le mieux toléré car non allergisante et inerte.
Les molécules de silicone sont introduites dans le corps humain dès la naissance. On estime à environ 6 g la quantité de silicone présente dans l'organisme d'un adulte.
Les silicones sont utilisées comme lubrifiants d'aiguilles, de seringues et d'instruments de chirurgie mais aussi comme anti-mousse dans les colles, comme anti-adhésifs dans certains pansements, mais surtout en cosmétologie dans certains fards. On les retrouve aussi bien dans les tétines pour bébés, que dans les crèmes solaires, les rouges à lèvres, les déodorants et de nombreux médicaments.
La silicone a été incriminée comme pouvant déclencher des maladies auto-immunes chez certaines personnes. En raison du nombre considérable de femmes ayant des prothèses mammaires (estimé à plus de 10 Millions), il est normal d'observer chez ces femmes des associations de pathologies.
Aujourd’hui, il n'existe aucune preuve tangible scientifiquement reconnue d'augmentation du risque de maladie auto-immune sur prothèse pré-remplie de gel de silicone .
Comment est posée une prothèse mammaire?
Un implant mammaire s'insère soit sous la glande (position rétro-glandulaire ), soit sous le muscle Grand pectoral (position rétro-pectorale ) (figure 1).
Cette deuxième technique permet, entre autres, de sentir moins la prothèse au toucher, surtout lorsqu’il y a peu de tissu glandulaire (chez les femmes avec un faible volume de seins) ou après une mastectomie.
En chirurgie esthétique l’incision utilisée pour insérer l'implant s'effectue classiquement au niveau de l'aréole , soit dans le creux axillaire (aisselle) , soit dans le sillon sous le sein (figure 2). Le chirurgien doit expliquer à sa patiente, de manière précise, la technique et la méthode la plus adaptée à son cas.
Figure 1
Position de l’implant en chirurgie esthétique :
rétro-glandulaire ou rétro-pectorale
Figure 2
Voies d’abord pour la mise en place de l’implant en chirurgie esthétique
Quelle es la durée moyenne de l'intervention?
En chirurgie esthétique, dans la majorité des cas, il s’agit d’une intervention courte d’environ 1 heure à 1 heure 30.
En reconstruction du sein après cancer, l’intervention peut être plus longue (2 heures) surtout si un apport cutané est nécessaire (lambeau de Grand dorsal).
Au bout de combien de temps peut-on reprendre une activité professionnelle?
Il faut compter environ 24 à 48 heures d’hospitalisation et 8 à 10 jours d’arrêt de travail avec une limitation dans la vie quotidienne (port de charge lourde, conduite automobile, pratique de sports).
Quels sont les inconvénients associés aux prothèses mammaires? quelle est leur fréquences?
Comme pour tous les matériaux étrangers au corps humain, il existe un risque d’apparition d’inconvénients ou de complications avec les implants mammaires.
Dans la littérature médicale l’on retrouve surtout les risques suivants:
Modification de la sensibilité du sein et/ou de l’aréole,
Interférence avec la mammographie,
Déplacement de l’implant,
Formation d’une coque contractile,
Formation de plis ou d’aspect de vagues,
Rupture pour les implants pré-remplis de gel de silicone,
Dégonflement pour les implants gonflables au sérum physiologique,
Calcifications.
Y a-il un risque de cancer avec les prothèses mammaires?
Non, la question a fait l’objet de nombreuses recherches.
Il est reconnu et prouvé qu’il n’y a pas de risque de déclencher un cancer du sein par la présence d’un implant mammaire.
Il n'a jamais été observé d'augmentation de l'incidence du cancer du sein chez les femmes implantées.
La silicone est employée depuis plus de 30 ans et étudiée par des chirurgiens, des biologistes, des cancérologues et des fabricants d’implants et tous reconnaissent l’absence de risque de cancer induit par la silicone.
Les mêmes implants sont utilisés pour la reconstruction du sein après cancer et certaines études ont montré qu’il n’y avait pas de différence de survie chez les patientes reconstruites.
En revanche la présence d’un implant nécessite un suivi régulier avec mammographie, surtout après une dizaine d’années. Cet examen mammographique nécessite un radiologue entraîné et des techniques appropriées.
entre 2 à 15%, en fonction de la durée de suivi des implants, ce qui est bien supérieur au pourcentage de rupture des silicones.
Il semble, d’autre part, que ce risque augmente avec le temps. L’usure normale de l’implant favorise la survenue d’un dégonflement.
Le temps est un facteur qui augmente l’usure normale d’un implant et favorise son dégonflement ainsi après 10 ans plus de 25% des implants gonflables présentent un risque de dégonflement.